« Je n’aime pas jouer » : et si le problème n’était pas vraiment le jeu ?
« Oh non, moi, je n’aime pas jouer. »
C’est une phrase que l’on entend régulièrement avant une soirée jeux, un afterwork ou une animation d’entreprise.
Pourtant, derrière ce refus se cache parfois autre chose qu’un véritable désintérêt : la peur de ne pas comprendre les règles, de perdre, de se sentir observé… ou tout simplement d’avoir l’air ridicule devant les autres.
Et c’est souvent là que tout se joue : ne pas aimer jouer et ne pas aimer certaines situations de jeu, ce n’est pas tout à fait la même chose.
Pourquoi jouer peut mettre certains adultes mal à l’aise
Enfant, jouer semble naturel. On invente, on essaie, on se trompe et on recommence sans forcément se demander ce que les autres vont en penser.
À l’âge adulte, c’est parfois plus compliqué.
Dans notre quotidien professionnel notamment, nous sommes habitués à maîtriser notre image, à être compétents et à savoir ce que nous faisons. Le jeu vient justement bousculer un peu tout cela.
Il peut nous demander d’accepter :
- de ne pas connaître immédiatement la bonne réponse,
- de faire une erreur devant les autres,
- de perdre sans pouvoir tout contrôler,
- de montrer une facette de soi plus spontanée,
- ou simplement de faire quelque chose sans autre objectif que le plaisir.
Pour certaines personnes, cette petite perte de contrôle est agréable. Pour d’autres, elle peut être franchement inconfortable.
Il n’existe pas une seule façon d’aimer jouer
Une personne qui déteste les jeux de mime n’est pas forcément quelqu’un qui n’aime pas jouer.
Elle appréciera peut-être un jeu d’enquête, de déduction ou de logique.
Quelqu’un qui fuit les jeux très compétitifs pourra au contraire se passionner pour une expérience coopérative dans laquelle tout le groupe cherche une solution ensemble.
Et une personne qui se sent mal à l’aise autour d’une table pourra parfois se laisser totalement embarquer par une chasse au trésor ou un jeu de piste, parce que l’attention est portée sur ce qu’il faut découvrir plutôt que sur elle-même.
C’est l’une des raisons pour lesquelles le choix du jeu compte autant que le jeu lui-même.
Le vrai défi : réussir à entrer dans le jeu
Les chercheurs qui travaillent sur le jeu parlent notamment d’attitude ou de posture ludique : une disposition faite de curiosité, de spontanéité, de souplesse et d’envie de participer sans chercher en permanence à obtenir un résultat.
On retrouve également la notion de « cercle magique » : pendant un moment, les participants acceptent les règles particulières du jeu et entrent ensemble dans une parenthèse différente du quotidien.
C’est assez facile à observer lors d’une animation.
Au début, certains participants restent légèrement en retrait. Ils regardent, plaisantent sur le fait qu’ils ne sont « pas joueurs » ou commencent par observer les autres.
Puis quelque chose se passe.
Une première énigme intrigue. Une discussion démarre. Quelqu’un propose une idée. Un autre rebondit dessus. Et quelques minutes plus tard, la personne qui ne voulait surtout pas jouer est parfois celle qui défend avec le plus de conviction sa théorie devant toute son équipe.
Ce qui a changé n’est pas forcément son rapport au jeu. C’est le cadre dans lequel on lui a proposé de jouer.
Comment embarquer quelqu’un qui affirme ne pas aimer jouer ?
La première erreur serait probablement de vouloir le convaincre à tout prix.
Mieux vaut lui permettre d’entrer progressivement dans l’expérience.
- Éviter de mettre quelqu’un au centre immédiatement : les jeux demandant de mimer, chanter ou improviser peuvent être très amusants… mais pas forcément pour commencer avec une personne qui redoute déjà le regard des autres.
- Privilégier des règles accessibles : personne n’a envie de passer vingt minutes à écouter une explication avant de savoir ce qu’il doit faire.
- Donner plusieurs façons de participer : observer, réfléchir, négocier, chercher un détail, résoudre une énigme ou simplement rebondir sur les idées des autres.
- Créer un cadre sans jugement : se tromper fait partie du jeu et n’a aucune conséquence.
- Utiliser la coopération : chercher ensemble permet souvent d’éviter la sensation d’être personnellement évalué.
Et c’est souvent là que la magie opère
Ce que j’aime particulièrement dans les animations ludiques, ce n’est pas seulement voir des joueurs passionnés s’amuser.
Ce sont aussi ces personnes qui arrivent en annonçant :
« Je vous préviens, moi, les jeux, ce n’est vraiment pas mon truc. »
… et que l’on retrouve un peu plus tard plongées dans une énigme, en pleine négociation avec leurs collègues ou déterminées à trouver la solution avant l’équipe voisine.
Parce qu’au fond, le but n’est pas de transformer tout le monde en passionné de jeux de société.
Il s’agit plutôt de trouver la bonne porte d’entrée : celle qui permet à chacun de participer à sa manière, sans se sentir jugé ou mis en difficulté.
Alors, la prochaine fois que quelqu’un vous dira « je n’aime pas jouer », peut-être faudrait-il simplement ajouter une question :
« D’accord… mais à quoi avez-vous joué ? »
🎲 Faites jouer même ceux qui disent ne pas aimer jouer
Chez Un temps pour Jouer, les animations sont pensées en fonction des participants, de l’ambiance recherchée et des objectifs de votre équipe.
Plusieurs formats sont possibles à Nice, Monaco et sur la Côte d’Azur :
- Afterworks jeux de société pour partager un moment convivial
- Animations de cohésion accessibles à des profils très différents
- Chasses au trésor urbaines pour jouer, explorer et réfléchir en équipe
- Ateliers personnalisés construits en fonction de votre groupe
Pour aller plus loin
Commission européenne – CORDIS : « Les adultes ont-ils aussi besoin de jouer ? » (2026).
Partenariat des bibliothèques universitaires du Québec : « Adopter une attitude ludique en enseignement ».